{"id":444,"date":"2021-06-03T13:59:19","date_gmt":"2021-06-03T11:59:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.zeldabou-philosophe.fr\/?p=444"},"modified":"2021-06-03T13:59:19","modified_gmt":"2021-06-03T11:59:19","slug":"travailleuses-travailleurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.zeldabou-philosophe.fr\/index.php\/2021\/06\/03\/travailleuses-travailleurs\/","title":{"rendered":"Travailleuses, travailleurs !"},"content":{"rendered":"\n<p>A l&rsquo;extr\u00eame oppos\u00e9 des s\u00e9ductrices \u00ab\u00a0influenceuses\u00a0\u00bb pulp\u00e9es et semi-nues d\u2019aujourd\u2019hui, voici le d\u00e9but d\u2019une belle d\u00e9claration d\u2019amour chant\u00e9e en 1960 par Jean Ferrat (un chanteur que les moins de 50 ans ne peuvent pas conna\u00eetre), \u00e0 l\u2019attention de \u00ab\u00a0sa m\u00f4me\u00a0\u00bb; sa gonzesse, quoi\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ma m\u00f4me, elle joue pas les starlettes,<br> Elle met pas des lunettes<br> De soleil,<br> Elle pose pas pour les magazines,<br> Elle travaille en usine<br> A Cr\u00e9teil<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque o\u00f9 on pouvait \u00eatre heureux et fier d\u2019\u00eatre ouvrier. C\u2019\u00e9tait un m\u00e9tier dur mais digne, parce que l\u2019ouvrier se savait utile. Son travail avait un sens, ses mains de la valeur . Il \u00e9tait attach\u00e9 \u00e0 la noblesse du travail bien fait, et le patron, non sans condescendance, savait exprimer sa reconnaissance \u00e0 ces hommes et ces femmes, maillons indispensables, qui composaient le fleuron de son entreprise, et dont les enfants prendraient sans doute la suite. Oui, \u00e0 cette \u00e9poque, les enfants pouvaient r\u00eaver d\u2019\u00eatre ouvrier. C\u2019\u00e9tait une bonne \u00ab\u00a0situation\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui l\u2019ouvrier n\u2019est plus qu\u2019une chair \u00e0 trimer, qui se fera jeter comme un chien au bout de 25 ou 30 ans de bons et loyaux services pass\u00e9s \u00e0 payer les Rolex des &nbsp;patrons et des actionnaires, avec pour toute reconnaissance un coup de pied au cul vers la sortie.<\/p>\n\n\n\n<p>Qui\npeut encore r\u00eaver de ce m\u00e9tier-l\u00e0&nbsp;?&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>N&rsquo;a-t-on pas m\u00eame ray\u00e9 ce mot du vocabulaire du salariat, pour lui substituer tout un tas de p\u00e9riphrases alambiqu\u00e9es ? Tout, plut\u00f4t que se faire appeler \u00ab&nbsp;ouvrier&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En\n1960 le peuple fran\u00e7ais \u00e9tait ouvrier. Aujourd\u2019hui il est au ch\u00f4mage. Le peuple\nfran\u00e7ais vivait chichement. Aujourd\u2019hui il vit en surendettement. Mais avec\npiscine dans le jardin, home cin\u00e9ma dans le salon, t\u00e9l\u00e9 dans chaque chambre,\nclimatisation et frigo am\u00e9ricain. Enferm\u00e9 entre les quatre murs de sa maison et\nles quatre haies de son lopin. Isolation garantie du monde ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma pauvre Arlette, la classe ouvri\u00e8re n\u2019existe plus\u2026 Et on a oubli\u00e9 Jean Ferrat.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Pour la suite de la chanson (option recommand\u00e9e) :<\/em> <\/p>\n\n\n\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Jean Ferrat - Ma M\u00f4me\" width=\"900\" height=\"506\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/l30dY-93_GI?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l&rsquo;extr\u00eame oppos\u00e9 des s\u00e9ductrices \u00ab\u00a0influenceuses\u00a0\u00bb pulp\u00e9es et semi-nues d\u2019aujourd\u2019hui, voici le d\u00e9but d\u2019une belle d\u00e9claration d\u2019amour chant\u00e9e en 1960 par Jean Ferrat (un chanteur que les moins de 50 ans ne peuvent pas conna\u00eetre), \u00e0 l\u2019attention de \u00ab\u00a0sa m\u00f4me\u00a0\u00bb; sa gonzesse, quoi\u00a0: Ma m\u00f4me, elle joue pas les starlettes, Elle met pas des lunettes [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.zeldabou-philosophe.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/444"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.zeldabou-philosophe.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.zeldabou-philosophe.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.zeldabou-philosophe.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.zeldabou-philosophe.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=444"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.zeldabou-philosophe.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/444\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":450,"href":"https:\/\/www.zeldabou-philosophe.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/444\/revisions\/450"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.zeldabou-philosophe.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=444"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.zeldabou-philosophe.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=444"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.zeldabou-philosophe.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=444"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}