{"id":510,"date":"2023-07-12T15:10:46","date_gmt":"2023-07-12T13:10:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.zeldabou-philosophe.fr\/?p=510"},"modified":"2023-07-12T15:17:19","modified_gmt":"2023-07-12T13:17:19","slug":"qui-a-le-plus-veut-le-moins-feuilleton-en-3-episodes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.zeldabou-philosophe.fr\/index.php\/2023\/07\/12\/qui-a-le-plus-veut-le-moins-feuilleton-en-3-episodes\/","title":{"rendered":"Qui a le PLUS  veut le MOINS, feuilleton en 3 \u00e9pisodes"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"has-medium-font-size wp-block-heading\"><\/h2>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>EPISODE 1&nbsp;: les photos<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les plus anciens d\u2019entre nous se rappellent peut-\u00eatre les s\u00e9ances de projection de diapositives pour les amis venus d\u00eener. Drap blanc tendu sur le mur, pile de livres sous le projecteur, fauteuils tourn\u00e9s vers l\u2019\u00e9cran. C\u2019\u00e9tait une fiert\u00e9 et un confort certain de montrer et de regarder des photos sur le plus grand \u00e9cran possible.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019apparition de la photo num\u00e9rique il y a une trentaine d\u2019ann\u00e9es a remis au clou le drap blanc au profit de l\u2019\u00e9cran d\u2019ordinateur. On est pass\u00e9 de 2m x 2m \u00e0 40cm x 40cm.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais quand les t\u00e9l\u00e9phones portables ont permis de prendre des photos avec une facilit\u00e9 d\u00e9concertante et de les regarder de m\u00eame, tout le monde a boud\u00e9 les autres \u00e9crans, et s\u2019est mis \u00e0 s\u2019exclamer devant des paysages majestueux r\u00e9duits \u00e0 quelques cm\u00b2. Il y a comme une vague impression que ces gens-l\u00e0 passent \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de quelque chose.<\/p>\n\n\n\n<p>Le must aujourd\u2019hui pour certains : photos et vid\u00e9os sur sa montre connect\u00e9e. \u00ab&nbsp;Titanic&nbsp;\u00bb en 2cm x 2, \u2026quel spectacle en perspective&nbsp;! Et pour les photos de groupe, merci d\u2019ins\u00e9rer la l\u00e9gende, on ne reconnait pas tr\u00e8s bien le troisi\u00e8me rang.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi faire grand quand on peut faire mini&nbsp;?&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>EPISODE 2&nbsp;: Les toilettes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pendant des d\u00e9cennies, l\u2019acc\u00e8s aux toilettes domestiques (\u00e0 l\u2019\u00e9poque&nbsp;: <em>les latrines<\/em>) consistait \u00e0 s\u2019assoir dehors sur une planche trou\u00e9e, et \u00e0 vider (de temps en temps) le seau qui se trouvait dessous en balan\u00e7ant le contenu au fond du jardin. Pas tr\u00e8s confortable ni engageant.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis on a trouv\u00e9 un moyen autrement plus pratique et plus hygi\u00e9nique de se d\u00e9barrasser de ses excr\u00e9ments directement dans la fosse&nbsp;: la chasse d\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les nostalgiques, adeptes du \u00ab&nbsp;qui a le PLUS veut le MOINS&nbsp; \u00bb,&nbsp; ont entam\u00e9 depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es un &nbsp;retour \u00e0 la planche de bois et au seau \u00e0 vider, installables cette fois m\u00eame dans la maison&nbsp;: les toilettes s\u00e8ches. Le principe&nbsp;: on empile les cacas dans la sciure et on jette quand c\u2019est plein (<em>qui se charge de la corv\u00e9e&nbsp;?&#8230;<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi faire propre quand on peut faire sale&nbsp;?&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>EPISODE 3&nbsp;: Le disque<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9volution de la haute-fid\u00e9lit\u00e9 dans les ann\u00e9es 70&nbsp; a amen\u00e9 les particuliers \u00e0 se doter de mat\u00e9riel de son, devenu plus indispensable que la t\u00e9l\u00e9 ou le t\u00e9l\u00e9phone (<em>fixe<\/em>) chez les jeunes de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Et ce fut la ru\u00e9e vers les \u00ab&nbsp;cha\u00eenes Hi-Fi&nbsp;\u00bb. Amplis, platines, et surtout monstrueuses enceintes (on disait <em>les baffles<\/em>) ont envahi les salons bourgeois comme les studios d\u2019\u00e9tudiants. Et en effet, compar\u00e9 au transistor ou au Topaze, on obtenait une restitution de son d\u2019une qualit\u00e9 incomparable et bluffante (<em>on se croirait au concert)<\/em>. De progr\u00e8s en progr\u00e8s, on en est arriv\u00e9 \u00e0 la 2<sup>\u00e8me<\/sup> r\u00e9volution&nbsp;: le disque vinyle concurrenc\u00e9&nbsp; par le disque compact au laser (<em>on l\u2019a appel\u00e9<\/em>&nbsp;: <em>le CD<\/em>). Et l\u00e0, le summum de la qualit\u00e9 musicale a investi les foyers des m\u00e9lomanes&nbsp;: fini les craquements, les rayures, le chiffon antistatique, la pointe qui ripe sur les sillons, la recherche impr\u00e9cise du morceau pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Franchement, on n\u2019a pas fait mieux depuis.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais\u2026 Depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, promu par un besoin myst\u00e9rieux d\u2019en finir avec la perfection, le vinyle revient en force et fait l\u2019objet d\u2019un engouement, tr\u00e8s branch\u00e9 &nbsp;convenons-en, de la part de ceux qui, apparemment, savourent les craquements que nous honnissions. Comprenne qui pourra.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi faire beau quand on peut faire moche&nbsp;?&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>EPILOGUE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Peut-\u00eatre bient\u00f4t\u00a0 certain.e.s, toujours en mal de ce qui se faisait de moins bien avant, bouderont la machine \u00e0 laver en disant\u00a0: <em>Oh, je pr\u00e9f\u00e8re laver mon linge sale \u00e0 la main, c\u2019est plus authentique, et \u00e7a me rappelle le bon vieux temps o\u00f9 mon arri\u00e8re-grand-m\u00e8re allait trimer dans l\u2019eau froide du lavoir en plein hiver.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Autres \u00e9pisodes \u00e0 suivre, selon l\u2019\u00e9volution des m\u0153urs (et des techniques).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>EPISODE 1&nbsp;: les photos Les plus anciens d\u2019entre nous se rappellent peut-\u00eatre les s\u00e9ances de projection de diapositives pour les amis venus d\u00eener. 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